Un ouvrage vieux de plus de 60 ans, des quartiers entiers privés d’eau le jour, une caisse communautaire encore loin du compte. Le 2 mai 2026, élus locaux et association And Deffar Pekesse se sont assis ensemble pour chercher des solutions.
Cet article est basé sur le compte rendu officiel de la réunion de concertation du 2 mai 2026 entre le Comité de Gestion du Forage et l’Association And Deffar Pekesse, tenue en salle de délibération de la Mairie de Pekesse.
Il y a des réunions qui ressemblent à des veilles d’armes. Celle du 2 mai 2026, convoquée dans la salle de délibération de la Mairie de Pekesse, en avait l’atmosphère : des hommes et des femmes réunis autour d’un problème qui ne peut plus attendre. Le forage qui alimente la commune en eau potable est à bout de souffle — et tout le monde le sait. C’est l’Imam Fall qui a ouvert la séance par des prières, comme pour rappeler que cette question de l’eau dépasse les querelles d’intérêts et touche à l’essentiel de la vie. La modération a ensuite été assurée par M. Danoun Fall, président de l’association And Deffar Pekesse, aux côtés du comité de gestion du forage présidé par M. Samba Diop.
Un forage qui date de 1964 Le chiffre fait mal quand on l’entend pour la première fois : l’ouvrage qui fournit l’eau à Pekesse a été construit en 1964. Soixante-deux ans de service. L’Imam Fall l’a dit sans détour — le château d’eau est vétuste et les risques d’effondrement ne sont plus une hypothèse, ils sont une menace réelle. Ce n’est pas seulement une question de vieillesse de l’infrastructure. C’est tout un système qui montre ses limites. Le maraîchage commercial, qui a pris de l’ampleur dans la commune ces dernières années, absorbe des volumes d’eau que le forage n’était pas conçu pour fournir. À cela s’ajoutent des impayés qui fragilisent la trésorerie, des cas de vol d’eau signalés ici et là, et une gestion opérationnelle qui mérite d’être renforcée.
« Des localités comme Soughére, Ndioucky et le quartier Kogne Guelaw n’ont de l’eau que la nuit. »— M. Samba Diop, Président du Comité de gestion.
Les chiffres de la situation
Le gap est clair : il manque au minimum 18 millions de FCFA pour financer un nouveau forage. Face à ce constat, M. Serigne Diouf a lancé l’idée d’une cotisation citoyenne. Une idée qui mérite d’être entendue, car l’histoire de Pekesse a montré que la solidarité communautaire peut déplacer des montagnes quand elle est bien organisée.
Mesures d’urgence décidées Sans attendre le financement du nouveau forage, la réunion a acté des décisions immédiates. L’arrêt des nouveaux branchements pour le jardinage commercial a été décidé sans hésitation — une mesure de bon sens qui permettra de préserver les réserves. Les nouvelles demandes de branchements domestiques seront, elles aussi, fortement limitées dans l’immédiat. Un projet de puits d’appoint est également envisagé pour soulager le forage à court terme. Estimé à 8 millions de FCFA, il représenterait une solution intermédiaire réaliste et atteignable avec les ressources actuelles.
L’association And Deffar Pekesse entre en jeu La réunion a été aussi l’occasion d’un moment fort : le comité de gestion a officiellement sollicité l’association And Deffar Pekesse pour conjuguer leurs efforts. Cette demande de partenariat témoigne d’une prise de conscience collective — le problème dépasse les capacités d’une seule structure. La réponse de Danoun Fall a été directe : l’autonomie ne signifie pas l’isolement. Écrire aux autorités pour défendre les intérêts de Pekesse, c’est aussi un acte de souveraineté locale.
« And Deffar Pekesse portera officiellement le plaidoyer auprès des autorités compétentes. »— M. Danoun Fall, Président de l’association.
Pour accompagner cette démarche, le comité de gestion a été chargé de fournir à l’association un devis technique détaillé du nouveau forage. Ce document sera la pièce centrale du dossier de plaidoyer qui sera transmis aux autorités.
PROCHAINE ÉTAPE
Une nouvelle réunion — ouverte à l’ensemble de la population — sera convoquée après la Tabaski pour présenter les avancées, recueillir les avis citoyens et entériner les décisions finales.
Un élan collectif à ne pas laisser retomber L’assemblée a salué le dynamisme du comité de gestion, qui travaille dans des conditions difficiles depuis des années. Ce n’est pas rien. Mais la dynamique enclenchée le 2 mai ne doit pas s’essouffler après la réunion. Pekesse a les ressources humaines, la volonté collective et — avec And Deffar Pekesse — une organisation capable de porter ce projet. Il reste à transformer cette mobilisation en résultats concrets : un nouveau forage, une eau accessible à tous, à toute heure, dans chaque quartier.
SOURCE : compte rendu officiel de la réunion
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